Les B.T.S à Porto

Les classes de BTS « Technico-Commerciaux » se sont engagées dans un projet de découverte commerciale et culturelle de la ville de Porto.

Le Portugal est aux confins de l’Europe avec une économie qui reprend doucement de la vigueur mais reste encore fragile et surtout inégalement répartie. Son passé de puissance maritime européenne majeure lui a permis de découvrir, explorer, annexer et exploiter de vastes territoires qui lui ont apporté une immense richesse dont les réalisations architecturales grandioses en sont le témoin.

L’objectif était de voir, toucher, goûter, humer, entendre et ressentir ce qui fait la différence entre ce petit coin du monde et le nôtre, peut-être un peu plus grand, mais coin, néanmoins.

Les étudiants étaient investis de trois missions :
préparer un diaporama photographique de la ville sous tous ses aspects : monuments, édifices religieux, bâtiments administratifs, parcs, habitations, friches industrielles, moyens de transport, …
présenter un point de vente : échoppe, boutique (boulangerie, pâtisserie, boucherie, …), supérette, supermarché, … en le présentant sous forme photographique et en effectuant une analyse et une présentation (produits, organisation, personnel, …) au retour en France.
entrer en contact avec de jeunes portuans afin de réaliser une enquête socio-économique sur le thème du bonheur, de la jeunesse.

Les plages horaires non réservées aux visites et rencontres étaient dédiées à l’accomplissement de ces trois objectifs.

Mardi 17 octobre
15h40. Ryanair nous a transportés de Dôle dans le Jura jusqu’à Porto en l’espace de 2h de vol au-dessus des monts et vaux français, espagnols et portugais.
La pluie nous attendait. Une aubaine pour le pays dont des milliers d’hectares de forêts étaient encore enflammés la veille.
Notre lieu de séjour était la Pousada de Juventude do Porto (l’auberge de la jeunesse) : grand bâtiment situé au bord du Douro, à quelques encablures de l’océan dont les vagues écumeuses se brisent sur la côte visible des fenêtres.

Mercredi 18 octobre
Arrêt de bus D. Leonor au bord du Douro. De ce port routier nous filons vers l’Atlantique, en croisière à bord du bus n° 500 qui tangue. Le marché aux poissons de Matosinhos est au terminus qui est aussi celui des multitudes de créatures marines de toutes tailles de toutes formes et toutes espèces : poissons, poulpes, calamars, fruits de mer. L’odeur marine est tenace et menace nos narines plus accoutumées aux cimes qu’aux abysses. Un refuge ? Où ? Ici ! Un escalier ! Nous prenons de la hauteur. Un marché ! Les fruits et légumes de la terre nous envoient leurs couleurs, leurs senteurs, leurs rondeurs, leurs splendeurs, parfois tropicales. Nos sens se rassérènent.

  

Retour à Porto. La mer envoie ses embruns sur les plages. Les palmiers ajoutent leur touche tropicale un peu trompeuse mais du moins, exotique.

C’est simplement beau. Le décorum estival a plié bagages pour rentrer aux quatre coins de l’Europe.

 

Le soleil nous fait une fleur d’automne au bon parfum de campagne, ou presque. Nous prenons le train qui nous mène à Coimbrões, un quartier de Vila Nova De Gaia située en face de Porto, sur la rive gauche du Douro pour un petit coin de verdure urbaine : O Cantinho das Aromáticas (Le Petit Coin Des Aromates). Il est 15 h, heure locale.

C’est ici, sis entre les maisons d’un quartier de banlieue modeste que se niche littéralement O Cantinho. Ce sont des jardins de production de plantes aromatiques et médicinales telles que le basilic (3 récoltes annuelles), la verveine (7 récoltes annuelles !), la menthe, l’amarante, le laurier noble, qui sont semées, bouturées, cultivées, récoltées, séchées, conditionnées et vendues sur place selon les principes de l’agriculture biologique et de techniques ancestrales telles que la rotation des cultures, l’utilisation de fertilisants naturels issus des animaux, de magnifiques vaches du nord du pays, qui assurent l’entretien des lieux en échange d’une vie paisible qui les mène au terme de leur cycle de vie naturel. Cependant, la modernité n’est pas absente : les récoltes sont déshydratées pendant 3 jours à 40°C dans des séchoirs à air pulsé et l’ouverture des serres est automatisée en réponse aux besoins de l’hygrométrie et de la température. L’arrosage est maîtrisé par un système de goutte à goutte géré par ordinateur.

  

Le guide, ingénieur agronome très investi dans le projet, nous a permis de voir un modèle économique encore marginal mais visiblement viable entre tradition et modernité. Un véritable cantinho de paraíso !
Retour à la rue, à la circulation, à l’automobile, à l’auto immobile, dans les bouchons. Retour à Porto qui se peint de nuit lentement.

Jeudi 19 octobre
Pour changer, nous prenons le bus 504 puis le métro jusqu’au terminus Estadio do Dragão (Stade du Dragon). L’imposante structure circulaire s’impose au regard. Il est 10h30. Nous entrons dans la gueule par une porte vitrée. La Valquiria Dragão (œuvre de Joana Vasconcelos) étend au plafond ses tentacules multicolores qui enserrent et veille sur tous les trophées conquis par le club du FC Porto.

La guide nous conduit dans un dédale immense et grandiose de coupes, de trophées, de médailles, de victoires écrites, imprimées, photographiées, filmées, télévisées, gravées dans le bronze, l’argent et l’or et certainement la pierre, sans oublier la mémoire. Les figures légendaires, statufiées, mais réelles de la mythologie footballistique portuane nous accueillent de leur regard fixe et argenté tendu vers un paradis rond. Le lieu est riche et est à la pointe technologique en matière de présentation.

Nous passons en coulisses : les vestiaires, les salles de massage, de conférence, la tribune présidentielle qui domine géographiquement et symboliquement le stade aux sièges bleus. C’est un monde à voir et qui se montre en gloire.

  

 

La démesure est manifeste et manifeste une volonté de pouvoir économique affirmé et revendiqué. L’infrastructure est énorme et reflète un investissement financier de grande envergure dans un symbole qui peut fédérer les foules et attirer les investisseurs. Le football est très prégnant dans les médias. Une foule de chaînes de télévision présentent et diffusent matches, commentaires, interviews, pronostics et reportages en continu. Les humains ont besoin de héros. Les footballeurs en sont les figures modernes, pour ceux à qui ils plaisent.
Vendredi 20 octobre
A 15 h un détour s’impose au Palacio Da Bolsa (Le Palais De La Bourse) qui a été le siège de l’Associação Comercial Do Porto (Association Commerciale de Porto). Son objet était de régler les différends commerciaux entre ses membres, des négociants en vin pour l’essentiel. À cet effet, elle rédigea les premiers manifestes sur lesquels on devait s’appuyer pour régler les litiges commerciaux. Son influence, bénéficiant de la caution royale, s’étendit à tout le Portugal et son Code de commerce devint la référence pour régler les différends commerciaux de tous les corps de métier.

L’appellation «Palais» n’est pas usurpée. Les pièces sont immenses et richement, voire très richement, décorées et meublées. Nous avons pu admirer notamment le travail exceptionnel des ébénistes portuans qui ont œuvré à la réalisation des parquets et d’une table exceptionnelle par sa qualité et son esthétique en utilisant la technique de la marqueterie.

L’apothéose se présente sous la forme tout en splendeur et raffinement du Salão Árabe (salon Mauresque). Il est décoré dans le style néo-mauresque, en s’inspirant de motifs de l’Alhambra de Grenade, Cette grande salle était utilisée comme salle de réception.

      

 

Samedi 21 octobre
9h. Départ pour l’aéroport. Le bus 504 passe trop tôt ! Nous optons, faute de choix, pour le 207 qui nous amène au centre de la ville où nous embarquons avec valises et bagages dans le métro plus aérien que souterrain sans cependant voler. Tout est enregistré à 11h 30 et cette fois-ci, nous nous pressons comme des sardines dans la boîte de conserve ailée du Boeing.
15h 15. La boîte s’ouvre à l’air libre. Le cycle est accompli. Les vacances nous attendent au bout de la piste.

PORTO (La vieille ville)
La ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO est un patchwork et par moments, un entassement de couleurs vives et de formes presque géométriques qui escaladent la rive droite abrupte du Douro. Les façades sont jaunes, bleues, vertes, couvertes d’azulejos (faïences colorées de couleurs et motifs divers), de guingois, en équilibre instable et même de simples coquilles vides qui laissent voir des arbres et une végétation intrusive. Des usines sans toit ni machines, ni outils s’assoient en bord de Douro dans l’espoir de jours prospères et meilleurs. Les graffitis fleurissent les parois grises des anciennes demeures et lieux de travail d’un temps révolu.

   

 

Tout ceci côtoie, littéralement, des bâtiments rénovés et s’y appuie en un soulagement annonciateur d’un futur plus radieux et festif.
Les 6 ponts majestueux de Porto planent à plus de 60m au-dessus des flots du fleuve assoupi. Eiffel y a laissé son empreinte dans la grâce art moderne d’un géant métallique, le pont Maria Pia, qui fait le grand écart entre les deux rives escarpées, une prouesse technique à son époque, en 1887.

    

Cependant, comme pour toute entreprise humaine, il semble qu’il suffirait d’un tremblement de la terre pour effacer le travail patient et méticuleux des humains.
Rien n’est jamais acquis à l’homme.

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