SIAL 2016 : un salon aux multiples saveurs

SIAL 2016 : un salon aux multiples saveurs

19 octobre 2016. 6h36. Gare Viotte de Besançon. Le Train Grande Vitesse nous conduit à travers le jour naissant vers Paris qui bourdonne déjà d’une activité fébrile que la nuit n’a su interrompre ou à peine freiner.

Gare de Lyon. Le RER nous engouffre parmi la foule des travailleurs et employés qui retiennent les songes de la nuit dans leurs yeux. Déjà le paysage vestimentaire s’uniformise. Le classique costume cravate et ses variations en mode mineur nous signalent que nous sommes sur la bonne voie. Le SIAL est à la gare  qui nous attend, à deux pas du quai.

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Sécurité ! Fouille réglementaire et exhibition de nos billets dûment imprimés. Le passage est fluide, courtois. Et nous nous retrouvons pour un bref briefing avant de lancer la troupe qui est chargée d’arpenter les allées et stands des 7000 exposants venus du monde entier à la rencontre de plus de 55000 visiteurs et clients déjà établis et aussi à la recherche de nouvelles ouvertures.

Cette aventure doit nous révéler les grandes tendances « Food » de l’année 2016 : les cinq sens en action, nous commençons notre périple au cœur de l’alimentation mondiale.

Les innovations ne sont pas rares au salon : 2189 d’entre elles soit 10% de la production mondiale sont entrées en compétition pour obtenir l’un des 15 prix.

Munis d’un plan détaillé nous progressons dans les allées où s’affairent les hommes et femmes … d’affaires. Bruit de fond, une rumeur pénétrante de voix qui se mêlent et s’entremêlent en pays sonores. Des voix passent que portent des langues des quatre horizons du monde. Des sons inimaginables, des intonations singulières, des mélodies inaccoutumées, une partition non orchestrée en constante recomposition,… La Terre à portée d’oreille ! 

Des couleurs attractives, des objets « rétro » ou insolites, des formes originales, sans oublier le mobilier tantôt classique tantôt futuriste habillent les stands et attirent nos regards vers des exposants audacieux. Stickers, kakémonos, enseignes lumineuses ou non, la signalétique se révèle dynamique et irremplaçable pour éclairer nos lanternes sur l’entreprise ou l’organisme, ses produits, son slogan. L’éclairage et le numérique viennent parfaire ce travail et animer le stand.

La Grèce attire notre regard. Stand national d’une vingtaine de mètres de long où sont rangés les petits producteurs qui nous accueillent avec chaleur et professionnalisme malgré la fatigue déjà visible suite aux 3 jours qui ont précédé notre venue.20161019_151447

Produits singuliers, inattendus, grands produits : feta de bufflesse (ou bufflonne), rareté au royaume de la brebis ; thé (« tsaî vounou ») de montagne grec, « sideritis » qui pousse dans les montagnes à l’état sauvage, cure de santé ; bière grecque élaborée avec l’eau pure du Mont Parnasse ; l’huile d’olive au parfums d’été, de citron, de thym, de basilic, de savoir faire et de fierté ; les glands du chêne Quercus ithaburensis, aussi appelé chêne du mont Thabor, chêne velani sont devenus farine pour la cuisine … et ses cupules destinées à la tannerie revivifient une économique locale étiolée. Tous les chemins mènent à … Athènes et à notre palais ! Le plaisir de découvrir de nouvelles saveurs est notre but suprême. Nous nous délectons d’un menu « cosmopolite » qui ne fait que commencer.

A contre-coeur nous quittons la mer Egée et ses myriades d’îles homériques. Italie, Espagne, Croatie, Bahrain, Lituanie, Inde, Australie, Philippines, USA, Canada, Russie … Boissons, fruits,  légumes, bonbons, céréales, repas rapides en boîtes, confitures, farine de cerise de Sibérie, barres au chocolat cru, vodka, noix de coco salée ou sucrée ou pimentée, pâtes, riz, épices aux parfums saisissants et aux couleurs tournoyantes, fromages, viandes, laitages et tutti quanti que la terre offre et que les hommes récoltent, transforment et accommodent au goût de la mode urbaine et « moderne ». C’est à un tel point, parfois, qu’on en perd la raison … non la finalité primaire : nourrir et donner du plaisir de vivre.20161019_161900

La course à la nouveauté et la concurrence plastifient, enrobent, colorent, édulcorent, emballent, conditionnent, embouteillent, emboîtent, standardisent, industrialisent la saveur, la forme, la taille, la texture, la couleur. Où est l’erreur ? Où est l’homme ?

Des intrus se sont invités à cette grande fête : les produits« vegan », « bio », « made in », « diététiques » sont tendance et parlent : santé, origine des produits, voire proximité… à des « consomm’acteurs » qui se multiplient.

Notre tour du monde des saveurs s’achève avec l’heure du rendez-vous : 17h00. Nous sommes tous là. Retour à la gare qui a été envahie d’une foule, d’un tsunami cosmopolite d’exposants et visiteurs se hâtant vers leur hôtel ou villégiature du centre parisien. Le métro est bondé et rempli à nouveau, de langues incroyables, inouïes, du chant de la Terre. 

Gare de Lyon. Il est le soir et la foule des voyageurs stagne devant les panneaux des horaires. Ah ! Hall 1 voie 12 18h56. Le train grande vitesse nous reconduit à nos pénates bisontines. L’intensité et la vivacité de la visite s’estomperont lentement avec la nuit.

S.B.

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